Exils, Celles qui restent et Celles qui partent

Eugénie de Mey / Création Thierry de Mey

Chants d’exil de femmes poétesses, trobairitz et trouvères de la France médiévale

Création CIMN

Eugénie De Mey Chant & direction artistique
Pierre Hamon flûtes
Julien Lahaye Percussions

De tous temps, de toute époque, l’exil s’est déposé dans le paysage des hommes... et dans le chant des femmes.

Celles des 12è et 13è siècles, femmes-poètes qui ont dû rester « au pays » a attendre, inquiètes, l’homme aimé parti en croisade. Celles qui, au contraire, depuis les premiers récits bibliques jusqu’a nous, se sont mises en route au péril de leur vie ; exils volontaires ou subis...

Trobar Project vient donner une voix a ces femmes, embrassant les croisements d’époques, de lieux, de langages et d’histoires ; toutes ont en commun ce rapport organique a la terre, celle que l’on quitte, celle que l’on convoite ou celle qui nous retient... Psalmodies mystiques, chants traditionnels, chants de trouvères (les premiers poèmes dans notre langue vernaculaire), chants séfarades, tous chantent ces exils. Il est question d’hommes aussi : ceux aimés, absents, mais également ceux, amis complices, qui ont su judicieusement offrir leurs mots pour exprimer au plus juste le ressenti des femmes.

Would Never, composition de Thierry De Mey, commandée conjointement par le Festival de Chaillol et Les Détours de Babel a Grenoble, donne a ce programme un très bel ancrage dans notre temps contemporain, a travers une pièce en forme d’hommage a toutes les disparues sur le chemin de leur Exil.

Le Trobar Project explore ce vaste kaléidoscope émotionnel et sentimental a travers la voix d’Eugénie De Mey accompagnée de Julien Lahaye aux percussions et Pierre Hamon aux fûtes, trio complice et soudé dans un meme désir de varier les timbres, les palettes vocales et instrumentales, afin de se mettre au service d’un chant le plus sensible possible...

Would Never
Thierry De Mey a développé sa pièce en quatre tableaux, très différents, certains très rythmiques, d’autres explorant l’idée de modalité et de monodie appliquées a une écriture contemporaine... Ce cheminement a été riche en réfexions, en particulier la question du texte pour lequel nous voulions préserver une sorte d’abstraction ; un texte qui fasse sens mais qui laisse la musique « respirer ». Nous avons souhaité rendre un hommage, discret, sincère, aux femmes qui n’auront jamais vu l’arrivée de leur exil - brûlante actualité – et chanter leurs prénoms, tant de prénoms restés en chemin... Ainsi tressés, ils font autant écho aux psalmodies bibliques et aux litanies qu’a
la formidable intervention de cette jeune flle américaine, égrenant devant des milliers de personnes les prénoms de ses camarades tués par balle dans son lycée et inspirant a Thierry De Mey le nom de la pièce "Would Never".