Sony, la bombe à hydrogène

Chériff Bakala

Chériff Bakala Voix
Anne-Sarah Faget Voix
Fred Costa Saxophones
Vladimir Kudryavtsev Contrebasse
Seke Pamoke Senza, percussions
Press Manyindou Guitare, voix

Le projet tend à rendre la vie d’une rue à Brazzaville et la qualité de son ambiance sonore, à la fois bruyante et feutrée. L’action s’ancre dans un débit de boisson, autrement dit nganda, qui s’organise à l’intérieur des parcelles, dans les cours des maisons. On y discute de tout et de rien, les conversations s’entrecoupent, restent suspendues et reprennent au hasard d’un incident. Les ngandas accueillent des groupes de musique pour ambiancer la clientèle, rythmant les échanges, prenant le pas sur un dialogue. Lieux de rencontre, les ngandas sont aussi des théâtres où on se met en scène. C’est là où enfle la rumeur, la tristement célèbre Radio Trottoir.
Barman, consommateurs, serveurs, musiciens : la parole circule, s’inspirant de faits réels pour raconter le monde autour de la figure principale d’un client. D’aucuns viennent y boire une bière. Ça drague, ça parle politique, ça échange sur le football, sur le quartier. Les textes de Sony Labou Tansi se mélangent à des reprises (de Franklin Boukaka, chanteur brazzavillois assassiné en 1972, ou de Joseph Kabasel).
Saxophones, contrebasse, guitare électrique, sanza, percussions congolaises, et voix se mêlent à des samples pour rendre cette tension sonore qu’on retrouve dans la capitale congolaise, comme une multitude de couches sonores qui se superposent et vont crescendo jusqu’à l’accord final.